ACTUALITÉ | Rénovation énergétique

30.11.2020 - 11H58

Quelle rénovation pour un parc vertueux ?

Pour répondre aux objectifs gouvernementaux liés à la transition énergétique et aux impératifs des pouvoirs publics de rénover tous les logements HLM classés F et G dès 2023, trois solutions se présentent et se combinent à merveille.

Dix millions. C’est le nombre de logements collectifs – construits avant l’an 2000 – que la France s’est engagée à rénover d’ici 2050 pour respecter l’accord de Paris sur le climat et donc atteindre, rappelons-le, la neutralité carbone. A cette date, tout le parc immobilier de l’Hexagone devra non seulement afficher une décarbonation quasi-complète mais également atteindre le niveau de la norme BBC Rénovation, qui s’établit à une valeur pivot de 80 kWh Ep/m2/an.

A cet accord signé en 2016 et à sa traduction dans la loi du 8 novembre 2019 relative à l’énergie et au climat se sont ajoutées, en septembre dernier, les exigences fixées par Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du Logement, d’avancer de 2027 à 2023 la suppression du parc de logements HLM classés F et G, considérés comme des passoires énergétiques : 500 millions d’euros provenant du Plan de relance sont d’ailleurs consacrés à cet effort. Bref, la rénovation des bâtiments de l’Hexagone figure très clairement parmi les dossiers prioritaires des pouvoirs publics.

Les chiffres clés

  • 10 M

     

    Nombre de logements collectifs à rénover d'ici 2050

     

  • 80 kWh Ep/m2/an

     

    Niveau de la norme BBC Rénovation à atteindre

     

  • 500 M€

     

    Part du Plan de relance dédié à la suppression des logements HLM F et G

L’installation de chaudières à condensation

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, les solutions ne sont pas légion. Dans le parc chauffé au gaz, l’amélioration de l’efficacité énergétique passe par l’installation de chaudières à condensation, dites à « très haute performance énergétique », pour le chauffage comme pour l’eau chaude sanitaire.

 

Aujourd’hui, à peine plus de 30% des logements équipés d’une chaudière à gaz possèdent ce type de chaudière.

Portrait de Benoît Chaintreuil
« Aujourd’hui, à peine plus de 30% des logements équipés d’une chaudière à gaz possèdent ce type de chaudière », souligne Benoît Chaintreuil, expert rénovation énergétique au sein de la délégation marketing stratégique de GRDF. « Il existe donc un gisement important de logements où le simple remplacement des systèmes en place permettrait des économies de 20 à 30% sur les consommations de gaz et les émissions de gaz à effet de serre associées ».

Et pour pousser le curseur un cran plus loin, pourquoi ne pas coupler cette nouvelle chaudière avec des énergies renouvelables, qu’il s’agisse d’une installation solaire thermique, ou d’une pompe à chaleur (au gaz ou à l’électricité) dans les bâtiments dont le mode de chauffage est collectif ?

L’amélioration énergétique du bâti

Photo de travaux d’isolation, de rupture des ponts thermiques, de remplacement des menuiseries

A cette piste simple et relativement abordable pour les bailleurs sociaux peut s’en ajouter une autre, qui passe par l’amélioration énergétique du bâti afin de limiter les déperditions d’énergie : il s’agit là de travaux d’isolation, de rupture des ponts thermiques, de remplacement des menuiseries. Plusieurs bailleurs sociaux, à l’image d’ACM Habitat à Montpellier ou Emeraude Habitation à Saint-Malo les ont expérimentées avec succès. Toutes leurs opérations ont d’ailleurs atteint le niveau BBC Rénovation haut la main.

Substituer le gaz fossile par le biométhane

« Il existe encore une troisième voie », lance Benoît Chaintreuil. « Il s’agit de substituer au gaz fossile importé du gaz vert, ou biométhane, produit sur le sol français à partir de la biomasse résiduelle, et renouvelable à l’infini : avec un facteur d’émission de l’ordre de 23 g/CO2/kWh, cette option divise par 10 les émissions de gaz à effet de serre par rapport au gaz naturel », précise-t-il. Si la part du biométhane dans les réseaux reste pour l’instant limitée, la croissance de la production s’affiche chaque année exponentielle. « Quand l’Etat fixe un objectif de 10% de biométhane dans les réseaux d’ici 2030, nous savons déjà que nous pouvons faire bien mieux que cela ! », assure l’expert de GRDF.

Notons que tous les ménages peuvent d’ores et déjà souscrire à une offre de fourniture de gaz qui repose sur un approvisionnement – total ou partiel – en biométhane. « En réalité, toutes ces pistes, parfaitement compatibles les unes avec les autres, devraient être combinées pour une efficacité énergétique et environnementale optimale », conclut Benoît Chaintreuil. Reste désormais à faire entendre ce message, notamment par les Pouvoirs publics qui n’ont pas souhaité faire du biométhane un des objets du plan de relance…

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