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03.12.2020 - 15H32

Biométhane : la bonne solution pour décarboner le bâti ?

Pour atteindre les objectifs fixés par la transition énergétique, la rénovation énergétique des bâtiments figure souvent comme la meilleure solution. Mais pourquoi négliger une autre piste 100% vertueuse, locale et garantie, à savoir celle du biométhane ?


« Un véritable boom de la filière ». C’est en ces termes que Clothilde Mariusse, chargée de mission gaz verts au sein de la direction de la stratégie de GRDF, engage la conversation lorsqu’elle évoque son activité. « Entre 2018 et 2020, la production de biométhane a bondi de 70%, et nous comptons aujourd’hui 188 installations qui en produisent sur tout le territoire français, ce qui représente 3,4 TWh (lire Térawatt-heure, ndr) de biométhane injecté dans nos réseaux cette année », précise-t-elle. A titre de comparaison, en 2018, il existait moins d’une centaine d’installations qui délivrait un peu plus d’1 TWh de biométhane…

Et le boom semble loin de marquer le pas. « Nous avons des projets inscrits dans les registres de capacité de la part de producteurs pour 26 TWh à moyen terme, dont 13 TWh qui pourraient sous deux à trois ans être injectés dans le réseau », assène Clothilde Mariusse. Autant dire que la filière biométhane se place déjà très au-delà des annonces des pouvoirs publics, qui tablaient sur 6 TWh en 2023 ! Le biométhane, ce gaz 100% vert principalement issu de déchets organiques, qui présente en outre l’avantage de réconcilier le rural et l’urbain, connaît une vraie dynamique et une indéniable réalité dans l’Hexagone.

Les chiffres clés

  • 70%

     

    Augmentation de la production de biométhane entre 2018 et 2020 en France

     

  • 188

     

    Nombre d'installations productrices de biométhane sur le territoire français

     

  • 3,4 TWh

     

    Quantité de biométhane injecté dans nos réseaux en 2020

     

Vers une combinaison avec la rénovation énergétique

Pour les bailleurs sociaux, la substitution du gaz importé par du gaz renouvelable constitue à l’évidence une autre solution pour atteindre les objectifs fixés par la transition énergétique. « C’est la bonne solution parce que le biométhane capitalise sur un réseau existant, celui du gaz, parce qu’il peut verdir ou tout simplement dé-carbonner le bâti », reprend la chargée de mission de GRDF.

C’est la bonne solution parce que le biométhane capitalise sur un réseau existant, celui du gaz, parce qu’il peut verdir ou tout simplement dé-carbonner le bâti.


« Tous les fournisseurs proposent désormais des offres et les approvisionnements sont garantis pendant quinze ans. Il reste aux bureaux d’études à voir si une solution 100% gaz vert est la bonne ». En effet, le verdissement général de l’énergie représente un moyen mais pas forcément le seul. D’ailleurs, GRDF prône une progressivité de l’offre de biométhane, en parallèle de l’augmentation de la production de gaz. « Mais, de grâce, n’allons pas vers une électrification massive quand on peut maintenir le gaz avec une part de plus en plus significative du verdissement de cette énergie », ajoute Clothilde Mariusse.

« Sans oublier qu’elle peut tout à fait se combiner avec la rénovation énergétique des bâtiments, qu’il s’agisse de l’amélioration de l’isolation comme de l’installation de systèmes de production de chaleur à haute performance, à gaz ou hybrides avec d’autres énergies renouvelables ». Autrement dit, en matière de transition énergétique des bâtiments, aucune solution ne doit apparaître comme exclusive.

Un prix orienté à la baisse

Reste tout de même une question, essentielle, qui concerne le prix du biométhane. Sur cet aspect du sujet comme sur les précédents, il est difficile de prendre à défaut Clothilde Mariusse : « En termes de prix, entre le gaz importé et le gaz renouvelable, il existe effectivement un petit surcoût : si la molécule affiche un prix identique, la taxe appliquée au carburant fossile est légèrement moins élevée que le montant des garanties d’origine du gaz renouvelable, ce qui amène le kWh de biométhane autour de 30 euros quand le gaz importé s’affiche à 28,45 euros le kWh. »

Une différence légère mais une différence tout de même, surtout pour des bailleurs sociaux soucieux de réduire les charges de leurs locataires. Sur ce front, plusieurs bonnes nouvelles arrivent. Suite aux évolutions législatives à venir courant 2021 sous l’impulsion de l’Union européenne (mise aux enchères par l’Etat des garanties d’origine, commercialisation européenne de ces garanties d’origine, réduction de la période de validité de ces documents), le marché des garanties d’origine devrait se fluidifier. Cela pourrait notamment se traduire par une baisse du coût associé aux offres gaz renouvelables.

De plus, depuis octobre 2020, toute personne morale consommatrice de gaz est en capacité d’acheter sa garantie d’origine de manière séparée (via le compte acheteur non-fournisseur sur le registre de garanties d’origine) de l’achat de sa molécule de gaz (via une offre de gaz classique). Cette récente possibilité pourrait notamment permettre aux consommateurs finaux d’accéder à une garantie d’origine à coût maitrisé, voire locale y compris pour certains acteurs publics.

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