ACTUALITÉ | Transition énergétique Rénovation et Construction

07.07.2020 - 13H02

Eaux grises : une solution récente qui a déjà fait ses preuves

Reconnue depuis peu comme énergie renouvelable, la récupération des eaux grises présente plusieurs atouts : simple à installer, fiable et peu onéreuse, elle permet de réelles économies dès lors qu’elle est associée à une chaudière à gaz. Explications.

L’idée est née à partir d’un simple constat. « L’eau chaude sanitaire part aux égouts en étant encore chaude, or il y a là un gisement de chaleur fatale inexploité puisqu’elle n’est jamais réutilisée », explique Hugo Durou, président d’EHTech, société implantée à Toulouse et spécialisée dans le traitement des eaux grises. « Notre idée, développée depuis onze ans, consiste à intercepter les eaux usées au moment où elles sont rejetées, à en récupérer la chaleur pour ensuite préchauffer l’eau avant qu’elle ne passe par la chaudière : l’eau arrive ainsi aux alentours de 30 degrés au lieu de 10 degrés. Sachant que chauffer l’eau consomme 30 à 40% de l’énergie d’un logement, c’est autant d’énergie gagnée ! », s’exclame Hugo Durou. Installée dans quelques 800 logements dans plusieurs pays d’Europe, cette technologie a permis une économie moyenne de quelques 200 euros par an. A noter, d’ailleurs, que le récupérateur de chaleur mis en place par EHTech a été testé par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), lequel a constaté que 71% de la chaleur est récupéré par le système.

 

 

 

 

Une solution qui s’accorde bien avec une chaudière gaz

Puisqu’il est question du système, en quoi consiste-t-t-il concrètement ? Comme le souligne le président de la société, « il s’agit d’un système passif, très simple, qui suppose des raccords standards et ne nécessite aucune formation pour les plombiers ». De là à apparenter cette innovation à de la « low tech », concept hautement recommandé de nos jours, il n’y qu’un pas… Mis en place voici sept ans, le système actuel de récupération des eaux grises est proposé à un prix coût modéré, de l’ordre de 1000 euros fourni et posé, et se révèle par ailleurs fiable, avec un retour sur le service après-vente de 0,3% sur toutes les installations. « Nous sommes plus à l’aise avec des installations simples, éprouvées, abordables, et la chaudière gaz présente justement la robustesse qui s’accorde bien avec notre système », précise Hugo Durou, qui travaille étroitement avec GRDF sur le sujet, en particulier pour développer une nouvelle solution suffisamment aplatie pour passer sous une baignoire. Elle devrait être disponible à compter de la rentrée prochaine. Le système actuel, pour sa part, a été installé principalement dans des maisons individuelles, groupées ou non, mais il convient également pour du logement collectif, en ayant à l’esprit qu’il faut prévoir un récupérateur par logement. Très prisée sur les marchés britannique et néerlandais, la récupération des eaux grises figure seulement depuis fin septembre dernier sur la liste officielle des énergies renouvelables de la Commission européenne. Voilà qui explique son développement récent sur le marché individuel, depuis la rentrée dernière dans l’Hexagone. Le marché du logement collectif commence à son tour à suivre le mouvement…

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