A Toulouse, un ancien centre de tri postal accueille désormais 88 logements

Au « Carré d’Arduenna », le promoteur Icade a mené une vaste opération de mutation d’une friche industrielle en logements respectueux de l’environnement. Un chantier vertueux à tout point de vue.

Voici quelques quarante ans, entre les quartiers toulousains de Lardenne et des Pradettes, dans ce qui était encore des champs, La Poste construisait un imposant centre de tri, dont la seule façade affichait les dimensions d’un stade de football. A mesure que la ville s’étendait, rapprochant les différents quartiers les uns des autres, le centre du « Carré d’Arduenna » est tombé en désuétude, pour finir par être abandonné. En 2015, le promoteur Icade décide de racheter cette friche industrielle désormais en cœur de ville pour la transformer en logements.
Afin que la mutation soit réussie et l’opération vertueuse, la filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations et le cabinet d’architectes ANMA ont plusieurs idées. « Nous avons d’abord conservé le gabarit impressionnant de l’ancien centre de tri postal tout en ajoutant des planchers intermédiaires pour augmenter la constructibilité », explique Jean-Christophe Acquier, directeur de programmes au sein d’Icade Promotion à Toulouse. Les deux étages d’origine passent donc à quatre, tout en conservant de grandes hauteurs sous plafonds. De nombreuses ouvertures sont également aménagées pour amener de la lumière dans les 88 logements, dont certains se voient dotés de terrasses et de jardins suspendus.

Des places de parking au milieu des logements

« Nous avons également évité de creuser en créant 272 places de stationnement en surface, sur trois niveaux, au milieu des logements », souligne le directeur de programmes. « En plus de libérer des espaces communs et des espaces verts, cette initiative a considérablement limité les émissions de carbone du chantier, ne serait-ce qu’en divisant par cinq le nombre de camions habituellement requis pour le terrassement des sous-sols. A cela s’ajoutent les tonnes de béton économisées ». Cette conception a d’ailleurs été récompensée du « Prix de la conduite responsable des opérations » par la Fédération des Promoteurs immobiliers (FPI).
Pertinent sur le plan économique autant que sur le plan écologique, le « Carré d’Arduenna » l’est également une fois construit. L’endroit profite en effet d’une biodiversité revivifiée, avec une faune et une flore réimplantée, notamment grâce à des ruches et à des nichoirs à oiseaux.

Le choix de chaudières individuelles à condensation

En réalité, c’est un véritable quartier qui a vu le jour ici, puisque des petits ensembles ont été construits autour de l’ancien centre, portant à 285 le nombre total de logements. Tous ont été raccordés au gaz puis équipés de chaudières individuelles à condensation. « Nous faisons toujours ce choix dans nos réhabilitations, parce qu’il s’agit de la solution la plus économique et la plus simple dans son installation comme dans son fonctionnement », souligne Jean-Christophe Acquier.

Fort de cette réhabilitation réussie, Icade a déjà d’autres projets similaires en vue. Une clinique de Toulouse doit ainsi faire l’objet d’une réhabilitation prochainement. La ville rose n’est pas la seule concernée par ces opérations puisque d’autres sites de l’Hexagone font également l’objet de projets. « Ces mutations représentent une des nombreuses réponses à la crise du logement », estime cependant Jean-Christophe Acquier. « Ce qui peut tout changer à la situation actuelle, c’est d’accepter la densité des villes ». Un débat qui agite depuis de nombreuses années le secteur immobilier mais qui semble loin d’être tranché.

Les chiffres clés du « Carré d’Arduenna »
- Une façade de 40 mètres sur 100
- 88 logements construits dans l’ancien centre sur 4 niveaux
- 272 places de stationnement sur 3 niveaux
- 281 logements au total pour l’opération
- 24 mois de travaux
- Un coût de construction de 1350 euros au m2 habitable

A lire aussi