Sobriété, confort d’été et décarbonation : 3 principes qui donnent le ton de la prochaine RE2020


Le 24 novembre 2020, les pouvoirs publics ont présenté les grandes orientations retenues pour la future RE2020. Fortement attendues par l’ensemble des acteurs du secteur qui ont tenté de préfigurer cette nouvelle réglementation avec le label E+C-, ces annonces confirment bien les ambitions du gouvernement de marquer un tournant dans le monde de la construction. Retour sur les grands principes d’une RE2020 qui se dessine enfin et vient clôturer 4 ans de réflexion expérimentale.

3 axes majeurs déterminés par 6 indicateurs

Après la RT2012 où l’accent était mis sur les consommations d’énergie, la RE2020 s’est fixé un objectif ambitieux : faire du bâtiment un des leviers de lutte contre le changement climatique tout en garantissant un confort maximum aux usagers.
Pour cela, les pouvoirs publics veulent agir sur 3 axes majeurs : la sobriété, le confort d’été et la décarbonation.

Ces 3 piliers sont ventilés par 6 indicateurs majeurs :

  • le Bbio et le Cep bien connus de la RT2012

Auxquels s’ajoutent de nouveaux leviers :

  • le Cep nr (non renouvelable),

  • le degré-heures d’inconfort,

  • l’Indicateur Carbone Energie,

  • l’Indicateur Carbone Construction.

Sobriété

Confort d’été

Décarbonation

Objectif

Renforcer l’isolation du bâti

Construire des logements plus confortables pendant les périodes de fortes chaleurs

Réduire les émissions de carbone

Levier

Fixer un Bbio ambitieux

Prise en compte des consommations en énergie primaire

Imposer un nombre d’heures maximal d’inconfort d’été

Diminuer les émissions de GES sur les énergies consommées & les systèmes constructifs

Indicateur

Bbio

Cep,nr (non renouvelable)

Cep

Degrés-heures d’inconfort

Indicateur Carbone Energie(1) (Ic Energie)

Indicateur Carbone(2)  Construction (Ic Construction)

Seuil

Bbio : -30% et -20% pour les habitations de moins de 70m2

< 350°.h = pas de pénalité
> 350°C.h = pénalité de dépassement

> 1250°C.h = interdiction

Ic Energie : 4 kgCO2/m2/an en ACV dynamique

Ic Construction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


(1) Indicateur Carbone Energie : représente l’impact de l’énergie sur les émissions de gaz à effet de serre du bâtiment sur 50 ans de durée de vie
(2) Indicateur Carbone Construction : représente l’impact de la construction sur les émissions de gaz à effet de serre sur 50 ans

 

D’autres éléments viennent compléter cette liste d’indicateurs :

  • Une modification des références des données météorologiques
  • La surface de référence devient la SHAB
  • Une définition des seuils en ACV dynamique et non plus statique.
    Cette nouvelle approche prend en compte les capacités de stockage temporaire du carbone dans les matériaux, considérant un coefficient plus important en début de cycle de vie qu’en fin. Ainsi, cette méthode privilégie de fait les matériaux biosourcés stockant du carbone, tels que le bois.

Une prochaine réglementation qui entrera en vigueur au 1er janvier 2022

Si l’idée de départ était une mise en application à l’été 2021, les pouvoirs publics ont revu leur copie pour laisser plus de temps aux acteurs du marché pour s’adapter à ces nouvelles règles constructives.

Ainsi, la RE2020 entrera définitivement en vigueur au 1er janvier 2022.

Prochaine étape à date : la publication des textes devrait être officielle au plus tard fin juin 2021 pour permettre à la filière de se préparer à une mise en application début 2022.

 

Une dérogation transitoire jusqu’à fin 2023 pour les maisons gaz construites en lotissement

Pour les maisons individuelles ou accolées, la valeur de l’Icénergie_maxmoyen est fixée à 280 kgCO2/m², lorsque :

  • la parcelle est concernée par un permis d’aménager octroyé avant le 01/01/2022, prévoyant un raccordement au réseau de gaz ;
  • la demande de permis de construire de la maison est déposée avant le 31/12/2023.

Un seuil de 280 kgCO2/m² (ACV dynamique) équivaut à 7 kgCO2/m²/an (ACV statique). Ce seuil permet à des solutions de la RT2012 au gaz de continuer à être mises en œuvre, associées à un Bbio-30%, en particulier les solutions Chaudière à condensation + CET ; Chaudière à condensation + Split et Hybride ECS gaz.

 

Quels impacts pour les équipements gaz ?

Si les systèmes à l’énergie gaz sont contraints dans la prochaine réglementation, au même titre que les autres énergies, ils ne sont pas interdits.
Bien que le seuil très exigeant de 4 kgCO2/m2/an exclut de facto tout système de chauffage utilisant exclusivement du gaz, il reste compatible avec les PAC hybrides gaz.

Rappelons que les PAC hybrides gaz sont des équipements combinant une chaudière à très haute performance énergétique au gaz et une pompe à chaleur de puissance adaptée, reliée à un ballon d’eau chaude. Elles sont dotées d’une régulation intelligente faisant appel au meilleur système de chauffage et de production d’ECS (Eau Chaude Sanitaire) en fonction de ses performances en temps réel.

Certains modèles réversibles permettent également de répondre au confort d’été, un des socles de cette trajectoire réglementaire, en assurant le rafraîchissement du logement.

Voir tous les avantages de la PAC hybride et télécharger la fiche produit.

Par ailleurs, dans le cadre de la dérogation transitoire accordée sur les parcelles avec un permis d’aménager prévoyant un raccordement au gaz, les couplages compétitifs chaudière à condensation + CET et chaudière à condensation + Split seront éligibles.

GRDF travaille de concert avec les fabricants d’équipements afin d’aller plus loin pour développer dès maintenant des solutions hybrides gaz innovantes, encore plus optimisées et adaptées aux futures exigences de la RE2020.
Il est en effet indispensable de pouvoir proposer une offre d’équipements gaz afin de garantir un mix énergétique français diversifié et complémentaire pour :

  • Donner le choix aux acquéreurs en proposant une offre variée adaptée à tout type de besoin
  • Assurer une accessibilité et une stabilité économique du marché
  • Garantir des leviers de différenciation et de compétitivité
  • Limiter les risques de saturation du réseau électrique

D’autant plus que le réseau gazier se verdit de plus en plus !

Les gaz verts, une réponse pertinente pour la décarbonation du bâtiment

L’heure est à la neutralité carbone et tous les acteurs du secteur s’accordent sur le fait qu’elle est une nécessité. D’ailleurs, tous redoublent d’efforts et d’innovation pour tendre vers cet objectif.

GRDF ne fait pas exception et depuis 2011, l’entreprise est engagée dans le développement de la filière biométhane qui ne cesse de croître chaque année.

En étant une énergie 100% renouvelable, bénéfique pour l’économie du territoire, l’emploi local ou encore la gestion des déchets, le biométhane, dont la valeur a été validée à 44,4 gCO2eq dans la base carbone de l’ADEME, permet de répondre parfaitement à cet enjeu majeur de décarbonation.

Le biométhane émet 5 fois moins de gaz à effets de serre comparativement au gaz naturel.

 

Graphique de l'émission de gaz à effet de serre pa rle Biométhane

 

Sources
https://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?gaz2.htm
https://www.grdf.fr/institutionnel/actualite/dossiers/biomethane-biogaz/etude-biomethane-gaz-effet-serre

Pour en savoir plus sur le biométhane, son processus de fabrication et ses multiples bénéfices pour l’environnement, le dynamisme local mais également les enjeux énergétiques et économiques des territoires.

C’est une réelle certitude. L’avenir du gaz sera vert et c’est pour cette raison que le biométhane doit trouver sa place dans la future réglementation.

À ce titre, les équipes de GRDF sont mobilisées pour adapter et transformer le réseau afin d’accueillir des volumes de gaz vert croissants, à coût maîtrisé.
Plusieurs mécanismes sont à l’étude par les Pouvoirs Publics pour permettre la prise en compte du gaz vert dans la RE2020.