ACTUALITÉ | BioGNV GNV

03.11.2020 - 09H52

Mobilité au BioGNV : un carburant écologique, made in France, adapté aux zones à faibles émissions

Principal gestionnaire de réseau de distribution de gaz en France, GRDF travaille au quotidien avec les collectivités territoriales, pouvoirs publics, entreprises, constructeurs et l’ensemble des acteurs de l'énergie pour développer l’injection de gaz vert et faire progresser son usage sous forme de carburant avec le BioGNV. Interview de Caroline Maleplate, Déléguée à la mobilité gaz GRDF, paru dans la revue de l’Association France Urbaine.


C’est quoi le BioGNV ?

Le BioGNV est un carburant écologique, propre, made in France et même mieux : il peut être produit localement. Plus précisément, le BioGNV est la version 100 % renouvelable du GNV (Gaz Naturel Véhicule), le gaz naturel utilisé comme carburant. Il s’agit du même gaz que celui utilisé pour se chauffer ou cuisiner. 
Les déchets organiques (déchets alimentaires, agricoles, effluents d’élevage…), lorsqu’ils fermentent, se transforment en biogaz. Après épuration, ce gaz atteint le même niveau de qualité que le gaz naturel. On l’appelle alors biométhane ou gaz vert. Aujourd’hui, en France, plus de 150 sites produisent et injectent du gaz vert dans les réseaux gaziers et environ 1 100 projets sont à l’étude. 

Le BioGNV, c’est utiliser ce gaz vert pour la mobilité. Il est particulièrement pertinent pour le transport de marchandises, de voyageurs et la propreté urbaine. D’ailleurs, à titre d’exemple, 2/3 des villes de plus de 200 000 habitants ont déjà converti leurs flottes de bus au gaz.

En quoi la mobilité gaz contribue-t-elle à la transition écologique ?

Le BioGNV est un carburant renouvelable qui émet 80% de moins de gaz à effet de serre que le diesel : une solution extrêmement efficace pour lutter contre le réchauffement climatique, aux performances technico-économiques éprouvées.
Il est disponible pour tous types de véhicules, du véhicule léger au camion de 44 tonnes, en passant par les bennes à ordure, les tracteurs, les bus, les cars, les camions-toupies, les véhicules utilitaires… Il présente des autonomies importantes pouvant dépasser les 1 000 km. Enfin, son surcoût par rapport à une solution diesel est modéré (de l’ordre de 20%) pouvant être rapidement compensé par le prix du carburant, 20 à 30% moins cher.
Donc, tout professionnel peut y trouver son compte, d’autant plus qu’il est classé Critair’1 et qu’il est deux fois moins bruyant qu’un véhicule diesel. De quoi séduire également les riverains.
C’est la raison pour laquelle, près de 30 millions de véhicules circulent au GNV dans le monde et plus de 20 000 en France. 

Quels sont les autres avantages pour les collectivités ?

Pour une collectivité, promouvoir le BioGNV, c’est contribuer à une économie circulaire, propre et pourvoyeuse d’emplois locaux.
En effet, la méthanisation permet de générer 3 à 4 emplois pérennes par installation. La filière représentait déjà 4 000 emplois en 2019 et pourrait créer jusqu’à 53 000 emplois directs non-délocalisables d’ici 2030.
En outre, aujourd’hui, 90% de la matière méthanisable est agricole. Elle apporte un complément de revenus aux agriculteurs, dont la récente crise sanitaire nous a rappelé toute l’importance.
Les collectivités urbaines auront, on le sait, un rôle important à l’avenir afin de retisser un lien entre les zones périurbaines et agricoles environnantes. Ce qui s’observe déjà avec les circuits courts en matière agricole peut être comparé sur le plan de la mobilité : faciliter l’émergence d’une production massive de gaz local et renouvelable permet de garantir aux transports publics de la ville-centre de disposer d’un carburant produit dans le cadre de l’économie circulaire. 

Que puis-je faire en tant que collectivité ?

Les collectivités disposent de 4 leviers pour contribuer au développement du BioGNV.

Montrer l’exemple

Les flottes publiques constituent une vitrine pour la ville. En s’équipant de bus ou de véhicules municipaux au BioGNV, elle montre l’exemple en roulant décarboné. Elle peut également inciter ses délégataires à rouler au BioGNV : collecte de déchets, transport scolaire, travaux… sont autant de cas d’usages où le BioGNV est pertinent dans une démarche d’économie circulaire locale.

Contribuer à l’ouverture d’une station BioGNV ouverte au public

Le déploiement d’un nouveau carburant sur un territoire implique la mise en place d’un réseau de stations. Certaines collectivités ont choisi d’investir dans des stations via des Sociétés d’Economies Mixtes. Ainsi elles déploient un réseau de carburant alternatif et assurent en plus des retombées économiques locales. D’autres préfèrent favoriser l’initiative des acteurs privés en facilitant la mise à disposition de foncier.

Faciliter la vie des utilisateurs de véhicules propres pour les convaincre

Changer d’énergie quelle qu’elle soit, c’est prendre des risques : risque financier d’un véhicule un peu plus cher à l’acquisition malgré un carburant moins onéreux, risque de l’inconnu, risque sur le prix de revente du véhicule. Pour convaincre les entreprises, notamment les PME et les artisans, de franchir le pas, il est efficace de proposer des avantages pratiques à ces véhicules propres, comme la possibilité de livrer en zone piétonne à des horaires étendus ou des tarifs de parking préférentiels.

Donner du sens en transformant les biodéchets de la ville en gaz renouvelable

Le gaz vert participe à la décentralisation de la production d’énergie pour une meilleure maîtrise de la politique énergétique du territoire. Flécher ses biodéchets vers un méthaniseur, c’est donner du sens à cette démarche. Il s’agira par exemple de collecter les biodéchets des cantines scolaires pour produire du BioGNV qui alimentera les cars scolaires ou les bennes à ordures.

Selon vous, quels freins restent à lever pour faciliter le développement du BioGNV ?

Le développement du BioGNV connaît un bel essor depuis plusieurs années : les parts de marché dans les poids lourds ont quadruplé en trois ans ; près d’un bus sur 4 est vendu au gaz. Cela a permis de faire émerger 225 points d’avitaillement ouverts au public (au 01/07/20: 147 points ouverts et 78 en projet). 
Bien évidemment, comme pour toute nouvelle énergie, le maillage du réseau d’avitaillement reste un point de vigilance. Dans plusieurs zones persiste la problématique de la poule ou l’œuf : les transporteurs n’achètent de véhicules en l’absence de stations ; les opérateurs de stations n’investissent faute de véhicules ! Dans ce cas, un soutien public ponctuel, adapté au contexte local peut être décisif pour débloquer la situation. Les collectivités ont ainsi un rôle essentiel à jouer pour soutenir et accélérer le déploiement des stations BioGNV : mise à disposition du foncier, mise en place de schémas directeurs d’avitaillement, investissements dans des stations, aides à l’acquisition de véhicules…

La crise économique risque aussi de freiner la dynamique du BioGNV dans le transport de marchandises, alors même que cette énergie verte Made in France, résiliente, répond aux attentes des français. En effet, faute de trésorerie les entreprises risquent de retarder leur renouvellement de véhicules et seront sans doute plus frileuses à consentir un investissement supérieur. Nous avons donc proposé, avec la filière, que soit mis en place, de façon temporaire, un crédit d’impôt de 25% pour couvrir ce surcoût.


Ex 1 : "Les véhicules au BioGNV émettent 80% de CO2 en moins qu'un moteur classique, ils bénéficient de la vignette Critair 1 et peuvent rouler dans les zones à circulation restreinte."
Ex 2 : « le BioGNV, un carburant renouvelable, Made in France, aux performances technico-économiques éprouvées »