Transports et transition énergétique : la place indispensable de la mobilité gaz

A l’occasion de la clôture des Assises de la mobilité hier, les acteurs de la filière attirent l’attention des pouvoirs publics sur l’intérêt et le potentiel de développement des solutions mobilité gaz en France afin de répondre aux enjeux environnementaux et énergétiques au service d’une mobilité plus propre et de l’amélioration de la qualité de l’air.

GNV et BioGNV, une alternative écologique et économique opérationnelle

Alors que l’urgence climatique s’impose comme une réalité incontournable et que la France entend jouer un rôle majeur au niveau européen et mondial, les professionnels du secteur se mobilisent afin d’apporter des réponses concrètes pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et faire émerger une filière utilisant des carburants alternatifs.

Pour le transport routier de marchandises, l’alternative la plus plausible au vu des enjeux sanitaires, écologiques et économiques est le Gaz Naturel Véhicule (GNV). Alternative qui est l’une des plus crédibles pour le transport routier de voyageurs.

Non content d’être déjà opérationnelle et économiquement accessible, cette solution contient en soi sa propre transition énergétique, à travers le déploiement du BioGNV issu de la méthanisation et de la méthanation. Elle s’adosse sur une technologie moteur au point et une structure existante d’acheminement du carburant d’avitaillement (le réseau gazier), par nature vertueuse et maîtrisée.

La France dispose aujourd’hui des moyens d’une ambition forte et réaliste en matière de transition énergétique du transport routier. Le respect des objectifs fixés par le Plan Climat peut d’ores et déjà s’appuyer sur les initiatives lancées depuis 2016 et qui ont généré une dynamique positive de la filière française du GNV/BioGNV.

Une nécessaire transition énergétique dans les transports fondée sur une trajectoire claire et ambitieuse définie par les pouvoirs publics

Les organisations et les opérateurs FNSEA, FNTR, FNTV, REUNIR et GRDF ont la volonté d’accompagner durablement le déploiement de cette solution, à grande échelle, pour la mettre à la portée de tous sur l’ensemble du  territoire national.
Les parties signataires invitent les pouvoirs publics à mettre en œuvre une politique d’incitation des acteurs à franchir le cap de la transition énergétique à travers trois séries de mesures :

•    Garantir au GNV/BioGNV un cadre fiscal et réglementaire propice à un essor accéléré

La filière émergente et par nature fragile du GNV/BioGNV requiert une stabilité à long terme du cadre fiscal et règlementaire, sur une période similaire au temps d’amortissement des matériels. Pour les acteurs du transport routier, le changement de modèle énergétique ne peut s’opérer qu’à la condition d’une visibilité à moyen et long terme sur la fiscalité du carburant GNV/BioGNV et sur les incitations pour passer à l’acte.

•    Faciliter l’émergence d’une production massive de BioGNV en relation avec les territoires et le monde agricole

Les intérêts des transporteurs et agriculteurs sont convergents : 24% des flux des transports routiers concernent les transports de matières premières alimentaires à destination des points de vente. Soutenir la production de biométhane durable et concertée auprès de la filière agricole permet donc de créer une économie circulaire et solidaire au cœur des territoires permettant de favoriser les synergies entre deux secteurs dont la compétitivité est un enjeu essentiel.

•    Prolonger l’effort de déploiement d’un maillage efficace en points d’avitaillement GNV/BioGNV

L’accélération du développement des points d’avitaillement nécessite l’émergence de stations multisectorielles adaptées au besoin de tous les utilisateurs. La coordination des acteurs du transport routier de marchandises et de personnes (TRM et TRV) peut faire émerger les stations aux endroits stratégiques dans les territoires et permettre aux entreprises de transports de convertir leur flotte vers une solution écologique et rentable financièrement.

A l’heure où les enjeux de santé publique et d’environnement sont plus que jamais au cœur des débats et des préoccupations : il n’est plus possible de laisser de côté une solution vertueuse, mature et accessible. Il appartient aux pouvoirs publics de répondre présents aux côtés des acteurs de la filière en mettant en œuvre à court terme les mesures susceptibles d’engager cette trajectoire d’avenir.