31 % d'économie d'énergie après une rénovation de chaufferie anticipée

« À quelque chose malheur est bon. » Un adage populaire adapté à la rénovation de l’immeuble Le Rhodanien, à Lyon (69), gérée par le syndic Foncia Saint Antoine. Initiée en 2014, celle-ci ne devait, dans un premier temps, concerner que des travaux d’isolation par l’extérieur sur l’ensemble des allèges des fenêtres et des pignons du bâtiment, afin d’améliorer la performance énergétique des 96 logements qu’il abrite. Mais le percement de la cuve à fioul de 50 000 litres chargée d’alimenter les 3 chaudières de l’ensemble a précipité les choses. Et poussé la maîtrise d’ouvrage à remplacer les installations par des chaudières au gaz naturel, pour un résultat concluant.

« La cuve percée a été le déclencheur d’une rénovation qui s’imposait, compte tenu de la vétusté de la production », précise Gérard Aleu, directeur de Thermo Fuel, l’exploitant en charge du projet.
Construit dans les années 1970, au coeur du 11ème arrondissement de Lyon, quartier commerçant et chic, l’immeuble Le Rhodanien était équipé de trois chaudières au fioul dont les deux tiers dataient de plus de 30 ans. Celles-ci assuraient uniquement le chauffage, tandis que l’eau chaude sanitaire (ECS) était produite par des ballons électriques individuels dans chaque logement. Déjà engagé dans une démarche de rénovation qui visait, dans un premier temps, une amélioration de l’isolation de l’immeuble, puis, dans un deuxième temps, le remplacement des installations de chauffage, la copropriété a vu ses plans bouleversés par le percement de la cuve de 50 000 litres chargée d’alimenter les chaudières au fioul d’origine. « Une fois les besoins en chauffage nettement diminués, explique Antonio De Oliveira, Directeur de Gestion Copropriété chez Foncia Saint-Antoine, le conseil syndical voulait que les équipements soient, eux aussi, source de confort et de réduction des charges. Nous avons raisonné en coût global – “investir plus pour consommer moins” – et nous avons souhaité que l’exploitant à nos côtés continue de s’impliquer dans la maîtrise des consommations sur la durée. »

Une combinaison gagnante

Une étude a été menée afin de trancher entre deux options : doubler la cuve de stockage ou remplacer les chaudières et passer au gaz naturel. Gérard Aleu se souvient : « Avec l’appui de GRDF, nous avons étudié les économies d’énergie possibles en passant au gaz naturel, les aides envisageables, ainsi que le maintien voire le gain de confort des occupants, et la rénovation de la chaufferie a été actée en assemblée générale de copropriété. »
Le choix s’est donc finalement porté sur le remplacement des chaudières au fioul existantes par deux modèles à condensation Varmax Guillot au gaz naturel, d’une puissance totale de deux fois 450 kW. En secours, le brûleur de la chaudière au fioul restante (une Oertli de 2004) a été remplacé par un brûleur gaz naturel Wheishaupt, ce qui permet d’obtenir une chaudière à basse température de 870 kW.
Aujourd’hui, les deux chaudières neuves suffisent à couvrir les besoins de l’immeuble (la chaudière basse température rénovée n’est utilisée que ponctuellement). L’ensemble de la chaufferie alimente un circuit de distribution basse température (régime d’eau 40/30°C) qui dessert les planchers chauffants des logements et quelques radiateurs des locaux commerciaux.

Afin de minimiser l’impact financier des travaux pour la copropriété, le syndic de copropriété du Rhodanien a choisi une offre de rénovation clé en main. Celle-ci incluait le financement des travaux (avec intégration des aides possibles) et un engagement de performance énergétique sur la consommation de chauffage. Sur ce dernier point, l’année 2015 a permis d’établir un premier bilan de consommation d’énergie convaincant : en combinant travaux d’isolation des allèges de fenêtres ainsi que les pignons et remplacement de la quasi-totalité de la chaufferie par des installations au gaz naturel, la copropriété a atteint 31 % d’économie d’énergie sur sa consommation de chauffage (voir encadré ci-dessous).
« En complément, les occupants de la copropriété ont voté en décembre 2015 de nouvelles actions d’améliorations, en planifiant la réfection de l’isolation du circuit de distribution secondaire (verticale et horizontale) », conclut M. De Oliveira.

Les infos clés   

• 96 logements
•  7 200 m2 de SHON
• 1409 MWh de consommation de chauffage avant travaux de rénovation (pour 2417 DJU)
• 970 MWh de consommation de chauffage après travaux
• 31 % d’économie d'énergie, soit 28 k€, sur la part chauffage
• 162 k€ d’investissement en rénovation (hors aides)