Télé-exploitation : surveiller le réseau de gaz à distance, ce n’est pas de la science-fiction !

09 février 2015

« De quoi faire cinq fois le tour de la Terre ». C'est la distance qui serait parcourue par les infrastructures de gaz naturel exploitées par GrDF si on les mettait bout à bout. Autant dire que pour gérer intelligemment un tel réseau, nous cherchons sans cesse à innover. Drones, technologies mobiles de cartographie, puces permettant aux canalisations enfouies de communiquer avec la surface… ces objets du futur sont déjà une réalité chez GrDF ! Il en va de même pour la télé-exploitation : un outil de surveillance du réseau à distance, et en temps réel. Zoom sur ce dispositif unique de sécurité industrielle.

La télé-exploitation : vers une qualité de l'approvisionnement en constante amélioration

Chez GrDF, la sécurité est une priorité de chaque instant. Sécurité d'exploitation du réseau tout d'abord, et bien évidemment sécurisation de la chaîne d'approvisionnement qui permet à nos 11 millions de clients de bénéficier de la meilleure qualité de service en matière de mise à disposition du gaz. Or, un niveau de pression trop bas ou trop élevé dans les réseaux, une canalisation endommagée ou une inondation sont autant d'incidents qui peuvent mettre en péril cet approvisionnement. La télé-exploitation permet, grâce à des capteurs intelligents placés à des endroits stratégiques du réseau, de détecter ces dysfonctionnements en temps réel et de réagir au plus vite. « Une solution innovante pour surveiller les ouvrages gaz à distance, tout en optimisant la sécurité et la performance du réseau de distribution », précise Catherine Thauvin, chargée de projet et d'expertise chez GrDF.

La télé-exploitation, comment ça marche ?

Des capteurs sont déployés au cœur des organes essentiels du réseau appelés « postes de détente ». Ces derniers servent à réguler la pression. L'objectif : « mesurer des grandeurs physiques comme la pression ou surveiller le changement d'état d'une vanne », explique Catherine Thauvin. Les données récupérées sont ensuite transmises à une unité distante (RTU) qui va les analyser. En cas de détection d'une anomalie, une alarme se déclenche et un signal est immédiatement transmis, via un réseau mobile sécurisé, aux équipes en charge de la surveillance du réseau. Celles-ci déterminent si l'anomalie requiert une opération de maintenance corrective programmée ou une intervention d'urgence.

La télé-exploitation en chiffres

  • 5 minutes maximum : c'est le temps que met la transmission d'une information au bureau d'exploitation, à partir du moment où l'alarme se déclenche.
  • 2 000 postes de détente surveillés à distance en 2014.
  • L'objectif est d'atteindre 4 000 postes d'ici 2020.
  • Les 200 installations d'injection de biométhane dont nous estimons l'ouverture d'ici 2020 seront télé-surveillées.

Prochaine étape : préparer l'intégration croissante de gaz vert dans le réseau

Aujourd'hui produit à partir de déchets et, à plus long terme, de bois, de paille ou de micro-algues, le biométhane est un gaz vert, 100% renouvelable, injecté dans le réseau de gaz naturel. La multiplication de points d'injection de gaz de qualités variables devient une réalité nécessitant une amélioration des indicateurs de performance du réseau de distribution : hier, le gaz ne provenait que du réseau de transport national ; demain, nous assurerons l'accès au réseau à de multiples producteurs locaux de biométhane.

C'est grâce à des outils de surveillance plus élaborés relatifs à la qualité du gaz et à l'état du réseau, qu'un nombre croissant de points d'injection pourront être créés. Cela, tout en répondant à une attente de qualité du service de plus en plus exigeante.

De plus, l'arrivée du gaz vert fait évoluer le cœur de notre métier de gestionnaire du réseau. Parmi nos nouvelles missions : garantir l'équilibre entre la production locale de biogaz et les variations de consommation de gaz. Cela nécessitera de développer des stratégies de pilotage dynamique à l'échelle locale.

GONTRAND : un projet d'innovation collaborative pour préparer les smart gas grids de demain

Construire, ensemble, le réseau du futur : tel est l'objectif du projet Gontrand. Véritable laboratoire d'idées, ce consortium regroupe 3 distributeurs de gaz naturel (dont GrDF) et 10 partenaires industriels. Entre 2014 et 2017, 4 prototypes d'outils concourant au pilotage à distance du réseau seront développés.